
Alors que la Direction générale des douanes et accises (DGDA ) a dépassé les assignations du mois de janvier 2026 au Nord-Kivu, un tête-à-tête a mis autour d’une même table les agences en douane, les banques et la direction provinciale de cette régie financière ce vendredi 6 février 2026 en ville de Beni.
Tout a tourné autour de reversement des fonds qui a tardé et la réglementation douanière à la matière, indique Kayembe Ngindu Paul, directeur provincial de la DGDA. Il révèle par ailleurs que faute de renversement des fonds, des contentieux ont été enclenchés contre certaines institutions bancaires.

« En janvier, les réalisations des recettes étaient longues de 105%, mais non niveler au compte général du trésor public. Cela suscite que la DGDA prenne des dispositions allant jusqu’à initier les contentieux à l’encontre de certaines banques. Nous avons rappelé tout le monde en ordre. Nous les avons rappelés les réglementations de notre qu’ils doivent respecter en tant que partenaire« , fait-il savoir.
Par ailleurs, Kayembe Ngindu Paul balaye d’un revers de main une prétendue augmentation du tarif douanier dans la sous direction territoriale de la DGDA Beni. Il invite la Fédération des Entreprises du Congo (FEC ) de se rapprocher de la DGDA pour éclairer les lanternes autour du paiement des opérateurs économiques. Il évoque que même la DGDA accorde les mesures d’allègement fiscaux pour certaines cargaisons en raison de la situation sécuritaire volatile dans la province.

« Un Directeur Provincial, soit-il, n’a pas le pouvoir de modifier la loi tarifaire. Le tarif donné c’était un impôt institué par une loi votée au parlement de notre pays et promulguée par le chef de l’état. Je ne trouve très mal que certaines langues se délient pour dire que le Directeur provincial est venu augmenter le tarif. C’est faux. La bonne information se prend à la source. Dire que le tarif a été augmenté, c’est peut-être une mauvaise information pour nuire . Personne ne peut créer une loi financière. Nous sommes juste envoyés pour appliquer la loi. C’est qui fache : il y a des opérateurs économiques véreux qui se font malins. Ils partent à l’extérieur du pays pour se lancer dans le transbordement, ils ne veulent pas que la taxation suive. Ils veulent se pérenniser dans cette pratique là que nous avons refusé« , renchérit-il.

Eugène Kakule Matembela, président de l’ACCAD Beni, une association des auxiliaires de la douane, rappelle le régime déclaratif auquel sont soumis les opérateurs économiques. « C’est par mauvaise compréhension que certaines personnes pensent qu’il y a hausse du tarif douanier », indique-t-il réitèrant la franche collaboration avec la DGDA.
Il a rappelé que le régime douanier congolais repose sur un principe déclaratif, selon lequel la responsabilité de la déclaration des marchandises incombe au propriétaire.
« Le régime congolais est déclaratif, c’est-à-dire que c’est le propriétaire de la marchandise qui déclare ses biens ainsi que les documents qui les accompagnent. Comme l’a souligné le directeur provincial, ni les déclarants ni les douaniers n’ont le pouvoir de modifier ou de contourner la loi », a-t-il expliqué.
Il a indiqué que certaines personnes profitent de cette procédure pour commettre des pratiques contraires à la réglementation. « Lorsque l’autorité douanière, chargée d’appliquer la loi, intervient pour rétablir l’ordre, certains, par mauvaise compréhension, estiment à tort qu’il y a eu augmentation des tarifs douaniers », a-t-il précisé.
Évoquant la rencontre ayant réuni les agences en douane, les banques et la direction provinciale de la DGDA Nord-Kivu, Eugène Kakule Matembela a salué l’implication de tous les acteurs du secteur. Cette collaboration, selon lui, a permis d’atteindre un taux de réalisation de 105 % des assignations douanières prévues pour le mois de janvier 2026.

« Nous nous sommes mobilisés pour atteindre les assignations fixées par la directrice générale de la DGDA. Cependant, malgré les efforts consentis ayant permis de mobiliser 105 % des recettes douanières en janvier, ces performances n’ont pas été pleinement valorisées en raison de dysfonctionnements observés au niveau des banques », a-t-il regretté.
Il a enfin souligné que la mobilisation des recettes douanières est une responsabilité collective. « Ce travail ne concerne pas uniquement le directeur provincial de la DGDA, le sous-directeur territorial ou leurs collaborateurs. Nous sommes tous concernés, en tant que contribuables, par les efforts fournis au profit de la République », a-t-il affirmé.
Selon lui, les difficultés de la DGDA sont également celles des commissionnaires agréés en douane, qui ont intérêt à mutualiser leurs efforts afin de maximiser les recettes douanières au bénéfice du Trésor public de l’État.
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