
Le notable de la province du Nord-Kivu et président national de l’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP), Jonas Kasimba, a adressé une note de plaidoyer au Directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL) afin de solliciter l’électrification de la chefferie de Watalinga, dans la province du Nord-Kivu.
Dans cette correspondance, il demande l’implication de la SNEL pour concrétiser l’interconnexion électrique entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, conformément au protocole d’accord signé le 9 août 2017 à Kinshasa entre les deux pays. Selon lui, cette interconnexion a déjà produit des résultats encourageants dans la cité frontalière de Kasindi, dans le secteur de Ruwenzori, et pourrait également bénéficier à d’autres entités de la région.
Située dans le territoire de Beni, la chefferie de Watalinga couvre une superficie d’environ 924 km² et compte aujourd’hui plus de 130 000 habitants répartis dans les groupements de Batalinga, Bahamu et Bawisa. Son chef-lieu est Kamango, tandis que Nobili, centre de négoce frontalier avec l’Ouganda, constitue un important pôle d’activités commerciales.

Dans sa note, le notable Jonas Kasimba souligne que l’accès à l’électricité constitue un levier essentiel pour la modernisation et le développement de cette entité. L’électrification permettrait notamment de soutenir la transformation locale des produits agricoles comme le cacao et le café, dominants dans l’économie locale, et de favoriser l’émergence des petites et moyennes industries ainsi que des ateliers artisanaux.
Le président de l’ACDIP estime également que l’énergie électrique contribuerait à l’amélioration des services sociaux de base, notamment dans le secteur de la santé. Une source d’énergie stable faciliterait la conservation des vaccins et des intrants médicaux, la réalisation d’interventions chirurgicales et l’installation de services de morgue, aujourd’hui quasi inexistants dans la zone.
Sur le plan économique, l’électrification de Watalinga pourrait aussi stimuler le développement du secteur tertiaire. L’ouverture de services bancaires, de bureautiques et de télécommunications dépend largement de la disponibilité d’une énergie fiable. À Nobili, par exemple, les services de douane rencontrent des difficultés de fonctionnement en raison du manque d’électricité, ce qui entraîne un manque à gagner pour l’État.
Cet homme d’affaires met également en avant les avantages environnementaux et sécuritaires d’un tel projet. L’accès à l’électricité permettrait de réduire la dépendance au bois de chauffe et au charbon, contribuant ainsi à la lutte contre la déforestation, notamment dans une zone qui s’étend jusqu’au Parc national des Virunga. L’installation de l’éclairage public pourrait par ailleurs renforcer la sécurité en limitant les zones obscures favorables au banditisme nocturne.
Au regard de la proximité des réseaux électriques ougandais, Jonas Kasimba estime que l’interconnexion constitue l’option la plus rapide et la moins coûteuse pour desservir la chefferie de Watalinga, mais aussi le secteur de Beni-Mbau, la commune d’Oicha et la ville de Beni.
À travers ce plaidoyer, le président national de l’ACDIP, parti politique membre de l’Union sacrée de la nation regroupement du président Félix Tshisekedi invite la SNEL à engager des échanges techniques avec les autorités ougandaises compétentes afin de concrétiser ce projet d’interconnexion énergétique, considéré comme un facteur déterminant pour le développement socio-économique, sécuritaire et environnemental de cette partie du Nord-Kivu.
Rédaction
