RDC : auprès du ministre national de la Santé, Jonas Kasimba plaide pour la prime de risque et la mécanisation du personnel soignant face à l’urgence sanitaire à Beni

Le président national de l’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP) et notable du Nord-Kivu, Jonas Kasimba, a adressé une note de plaidoyer au ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, appelant à une intervention sanitaire urgente en faveur de la ville de Beni, en proie à une crise humanitaire sans précédent.

Dans cette correspondance officielle, Jonas Kasimba alerte sur l’état critique du système de santé dans cette ville de l’est de la République démocratique du Congo, devenue un véritable refuge pour des milliers de déplacés fuyant les violences armées dans la province du Nord-Kivu.

Une ville sous pression démographique et sanitaire

Située au cœur du Nord-Kivu, la ville de Beni connaît une explosion démographique liée à l’afflux massif de populations déplacées. Estimée à près de 700 000 habitants aujourd’hui, la ville accueille plus de 150 000 personnes ayant fui les conflits dans les territoires voisins.

Cette pression humaine sans précédent a profondément déséquilibré les capacités d’accueil des structures sanitaires locales. Selon le plaidoyer, certains centres de santé couvrent désormais jusqu’à 25 000 personnes, soit bien au-delà des normes recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un système de santé au bord de l’effondrement

La note décrit une situation alarmante marquée par la saturation des structures de soins, notamment de l’hôpital général de référence, qui fonctionnerait à plus de 150 % de sa capacité.

Les conditions de prise en charge des malades se détériorent, avec des patients souvent soignés dans la promiscuité, parfois à même le sol, faute de lits disponibles. À cela s’ajoute une forte prévalence des maladies hydriques, aggravée par le manque d’accès à l’eau potable et à des infrastructures d’assainissement adéquates.

Par ailleurs, le coût des soins constitue un obstacle majeur pour les populations déplacées, désormais dépourvues de moyens financiers.

Des besoins urgents en infrastructures et en intrants médicaux

Face à cette situation critique, Jonas Kasimba insiste sur la nécessité d’une réponse à la fois structurelle et immédiate. Il recommande notamment : la construction d’un second hôpital général de référence, idéalement dans la commune de Mulekera, fortement touchée par l’afflux de déplacés ; l’extension des structures sanitaires existantes avec de nouvelles salles d’hospitalisation ; la création de centres de santé de référence dans les zones à forte densité et l’approvisionnement urgent en médicaments essentiels, équipements médicaux et aliments thérapeutiques.

Plaidoyer pour la gratuité des soins et le soutien au personnel soignant

Au cœur de cette démarche, le président de l’ACDIP appelle à des mesures concrètes et immédiates de la part du gouvernement. Parmi les priorités évoquées : l’instauration de la gratuité des soins d’urgence pour les déplacés et les populations vulnérables ; la mise en place d’un fonds spécial de contingence sanitaire pour soutenir les structures locales ; l’octroi d’une prime de risque au personnel soignant, confronté à des conditions de travail extrêmes ; la mécanisation urgente des agents de santé non pris en charge par l’État, afin d’assurer leur stabilité et leur motivation ; le renforcement de la sécurité des infrastructures et du personnel de santé et l’investissement dans les projets d’eau, hygiène et assainissement (WASH), afin de prévenir des épidémies, notamment de choléra.

Un appel à une intervention immédiate de l’État

Le notable du Nord-Kivu Jonas Kasimba exhorte le gouvernement à organiser une caravane médicale d’urgence à Beni pour appuyer les structures sanitaires débordées. Il suggère également d’intégrer la ville dans les priorités de la deuxième phase du programme de développement des 145 territoires, en mettant l’accent sur les infrastructures sanitaires.

« L’accès aux soins de santé à Beni n’est plus une question technique, mais une question de survie nationale », souligne-t-il dans son plaidoyer en faveur de la population de la ville de Beni.

Une crise humanitaire à contenir d’urgence

Alors que les organisations humanitaires internationales interviennent déjà sur le terrain, leurs capacités restent limitées face à l’ampleur des besoins. Sans une intervention massive et coordonnée de l’État, le risque d’un effondrement total du système sanitaire de Beni demeure élevé.

À travers cette initiative, Jonas Kasimba se positionne comme une voix forte en faveur des populations vulnérables du Nord-Kivu, appelant à une mobilisation urgente pour éviter une catastrophe humanitaire irréversible.

Rédaction

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