Grand-Nord du Nord-Kivu : recrudescence des massacres attribués aux ADF, l’efficacité de l’état de siège et des opérations Sokola I remise en question par l’activiste Shabani Loswire

Les territoires de Beni et de Lubero, dans le Grand-Nord de la province du Nord-Kivu, font face depuis plusieurs mois à une recrudescence préoccupante des attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Ces violences surviennent dans une zone pourtant placée sous état de siège et abritant l’une des principales opérations militaires de la République démocratique du Congo, l’opération Sokola I.

Selon des sources locales, plus d’une dizaine de localités, dont Byambwe, Makoko, Mayba, Ntoyo, Mabasele, Mamove et Mbau, ont été la cible d’attaques armées au cours des six derniers mois.

Le bilan provisoire fait état de plus de 260 civils tués, en plus de nombreux blessés, des habitations incendiées et d’importants dégâts matériels.

Cette dégradation persistante de la situation sécuritaire intervient alors que l’Est du pays est également marqué par la progression du mouvement rebelle de l’AFC/M23.

Une situation qui alimente les interrogations au sein de l’opinion publique quant à l’efficacité de l’état de siège et du commandement militaire dans le Grand-Nord, selon l’activiste pro-démocratie Shabani Loswire, membre du mouvement citoyen Lucha.

Plusieurs acteurs de la société civile s’interrogent notamment sur la capacité des forces de défense à assurer la protection des populations civiles, dans une zone d’environ 170 kilomètres où des effectifs militaires importants sont déployés et pris en charge par le Trésor public, renseigne la même source. Face à ce constat, certaines voix appellent à une évaluation approfondie de l’opération Sokola I ainsi qu’à une révision du dispositif sécuritaire en vigueur.

Shabani Loswire estime que l’état de siège, instauré comme mesure exceptionnelle, n’a pas encore permis de mettre fin aux violences armées contre les civils. Alors que les attaques se poursuivent, la question de l’adaptation de la stratégie militaire et administrative reste au centre du débat sécuritaire dans le Grand-Nord du Nord-Kivu, où les populations continuent de payer un lourd tribut.

Rédaction

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