Nord-Kivu : après le plaidoyer de Jonas Kasimba, la Division de la Décentralisation propose la régularisation de plusieurs agglomérations

La Division provinciale de la Décentralisation du Nord-Kivu a transmis au gouverneur un rapport circonstancié sur la situation administrative de plusieurs agglomérations de la province, notamment Kantine, Eringeti et Musimba. Cette démarche intervient après le plaidoyer du président national de l’Alliance des Congolais pour la Défense des Intérêts du Peuple (ACDIP), Jonas Mumbere Kisalu wa Kasimba, en faveur de l’érection de certaines agglomérations en communes.

Le processus de décentralisation pourrait connaître de nouvelles avancées dans plusieurs entités du Nord-Kivu. Dans un rapport circonstancié adressé au gouverneur de province, le Chef de Division provinciale de la Décentralisation, Chirac Joachim Siryaki, dresse un état des lieux de plusieurs agglomérations et communes et formule des recommandations visant à régulariser leur fonctionnement administratif.

Cette correspondance, référencée N°24/07510/DIVIDECRI/NK/2026, a également été transmise, pour information, au Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, ainsi qu’au Secrétaire général à la Décentralisation.

Une suite administrative au plaidoyer de Jonas Kasimba

Cette prise de position de l’administration provinciale intervient dans un contexte marqué par le plaidoyer porté par Jonas Mumbere Kisalu wa Kasimba, président national de l’ACDIP.

Dans une note de plaidoyer datée du 8 juin 2026 à Kinshasa, le responsable politique avait sollicité du gouvernement la réalisation d’une étude de viabilité en vue de l’érection de Kantine, Eringeti, Musimba, Kikuvo et Miriki en communes.

Jonas Kasimba avait notamment mis en avant la croissance démographique de ces agglomérations, leur dynamisme agricole, commercial et artisanal ainsi que la nécessité de rapprocher l’administration des populations.

Son plaidoyer appelait le ministère de l’Intérieur à diligenter une mission d’experts chargée d’évaluer la viabilité démographique, économique, géographique, institutionnelle et financière de ces entités, avant toute décision conforme aux procédures prévues par la législation congolaise.

La Division fait l’état des lieux de plusieurs entités

Dans son rapport, la Division provinciale de la Décentralisation revient sur la situation administrative de plusieurs agglomérations et communes du Nord-Kivu.

Elle relève notamment que certaines entités qui auraient été opérationnalisées depuis 2019 ne disposent toujours pas d’animateurs régulièrement nommés, tandis que d’autres attendent encore leur opérationnalisation effective et la désignation officielle de leurs responsables.

Pour la Division, cette situation constitue un obstacle au fonctionnement normal de l’administration locale et à l’exercice efficace de la décentralisation.

Face à cette situation, le Chef de Division provinciale recommande notamment une réorganisation de l’administration dans les entités concernées, avec le remplacement des fonctionnaires délégués provinciaux qui, selon le rapport, continuent à exercer dans une situation administrative jugée irrégulière.

Des bourgmestres pour les entités déjà reconnues comme communes

La Division provinciale de la Décentralisation sollicite également l’intervention de l’autorité nationale compétente pour permettre la mise en place d’une administration communale régulière dans les entités qui ont déjà été reconnues comme communes.

Dans cette perspective, elle demande au Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, de procéder à la nomination des bourgmestres dans les communes concernées.

Une telle mesure permettrait, selon l’esprit du rapport, de mettre fin au fonctionnement provisoire de certaines administrations et de donner aux entités concernées des autorités légalement établies, capables d’exercer pleinement leurs compétences.

Cette recommandation rejoint ainsi la préoccupation exprimée dans le plaidoyer de Jonas Kasimba : faire correspondre l’évolution démographique et socio-économique des agglomérations avec une administration locale mieux structurée.

Kantine, Eringeti et Musimba au cœur de l’attention

Dans son plaidoyer, le président national de l’ACDIP avait particulièrement attiré l’attention du gouvernement sur Kantine, Eringeti et Musimba, dans le territoire de Beni, ainsi que Kikuvo et Miriki, dans le territoire de Lubero.

Selon les données reprises dans sa note, Kantine compterait plus de 82 000 habitants, Musimba plus de 50 000 habitants, tandis qu’Eringeti, Kikuvo et Miriki dépasseraient chacune les 30 000 habitants.

Pour Jonas Kasimba, ces chiffres, associés au développement des activités économiques et à l’importance stratégique de ces agglomérations, justifient l’ouverture d’un processus officiel d’évaluation de leur viabilité en vue d’une éventuelle transformation en communes.

La Division provinciale, à travers son rapport circonstancié, apporte désormais un éclairage administratif sur la situation de certaines de ces entités et formule des propositions destinées à améliorer leur encadrement.

Kabasha proposée comme nouveau chef-lieu du territoire de Beni

Au-delà de la question des communes, le rapport de la Division provinciale de la Décentralisation aborde également la question du chef-lieu du territoire de Beni.

L’administration provinciale propose de transférer le chef-lieu du territoire de Beni vers Kabasha. Cette recommandation est motivée notamment par la nécessité de mettre fin aux chevauchements de compétences observés entre l’administration territoriale de Beni et les autorités de la ville de Oïcha.

Selon le rapport, la concentration de certaines responsabilités administratives dans une même zone crée des difficultés dans la délimitation des compétences entre les autorités territoriales et urbaines.

Le transfert du chef-lieu vers Kabasha est ainsi présenté comme une option permettant de clarifier les juridictions, de mieux organiser l’administration territoriale et de réduire les conflits de compétence.

Vers une nouvelle étape de la décentralisation au Nord-Kivu ?

Le rapport de la Division provinciale et le plaidoyer de Jonas Kasimba convergent sur un même enjeu : renforcer l’administration de proximité et adapter l’organisation territoriale aux réalités démographiques et socio-économiques actuelles.

L’érection éventuelle de Kantine, Eringeti, Musimba, Kikuvo et Miriki en communes reste toutefois soumise aux études de viabilité et aux procédures administratives et légales prévues par les textes en vigueur.

De même, la nomination des bourgmestres dans les entités concernées ainsi que le transfert éventuel du chef-lieu du territoire de Beni à Kabasha relèvent des autorités compétentes.

Pour l’heure, les recommandations formulées par la Division provinciale de la Décentralisation constituent une nouvelle étape dans un dossier déjà porté au niveau national par le président de l’ACDIP.

Le gouvernement central est désormais appelé à examiner ces propositions et à déterminer les suites à leur réserver, dans le cadre du processus de décentralisation et de l’organisation administrative du Nord-Kivu.

Rédaction

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