
Le projet de création d’une Banque de développement agricole du Congo prend progressivement forme. À Beni, les différents acteurs de la chaîne agricole et commerciale se mobilisent autour de cette initiative destinée à améliorer l’accès au financement et à soutenir le développement du secteur agricole en République démocratique du Congo.
Ce lundi 10 août 2026, l’Association des exportateurs de café-cacao (ASSECAF) a organisé une rencontre de réflexion dans la salle de réunion de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC). La rencontre a réuni les exportateurs de café et de cacao, des membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), des représentants de la société civile, des responsables des coopératives agricoles, des producteurs ainsi que des experts en gestion bancaire.

Les échanges ont porté notamment sur les objectifs de la future Banque de développement agricole du Congo, son statut, son fonctionnement envisagé ainsi que les avantages qu’elle pourrait offrir aux producteurs, coopératives, exportateurs et autres acteurs de la chaîne de valeur agricole.
L’un des principaux enjeux soulevés est celui de l’accès au crédit. Dans de nombreux pays, les institutions spécialisées dans le financement agricole jouent un rôle différent de celui des banques commerciales classiques : elles peuvent mettre en place des crédits adaptés aux cycles de production, financer les investissements à moyen et long terme et accompagner les infrastructures rurales.

Autre avantage potentiel : l’adaptation des conditions de crédit aux réalités du secteur agricole. La future institution pourrait également jouer un rôle dans l’accompagnement des coopératives agricoles, des petites et moyennes entreprises agroalimentaires et des jeunes entrepreneurs.
Au-delà du simple crédit, les banques et fonds de développement agricole peuvent contribuer au renforcement des capacités, à l’amélioration de la gouvernance des organisations agricoles et à la structuration des projets afin de les rendre bancables, renseigne un expert en gestion bancaire, qui a pris part à cette rencontre.

Pour la RDC, cela pourrait permettre de rapprocher davantage les producteurs des institutions financières et de donner aux coopératives les moyens de passer progressivement d’une agriculture de subsistance à une agriculture davantage orientée vers la production commerciale et la transformation locale.
Prenant la parole au cours de la rencontre de Beni, le président de l’ASSECAF, Benjamin Kakule Munzenda, a appelé la population de l’Est de la RDC à s’approprier le projet de création de cette banque. Selon lui, cette institution doit être considérée comme un outil au service du développement économique du pays et particulièrement du secteur agricole.

Benjamin Kakule Munzenda a également rappelé que cette initiative émane de la population, insistant ainsi sur la nécessité d’une implication des différents acteurs dans son processus de mise en place. Pour les initiateurs, l’objectif n’est donc pas simplement de créer une nouvelle institution bancaire, mais de mettre en place un instrument financier capable d’accompagner durablement le monde agricole congolais.
La réussite d’un tel projet dépendra toutefois de plusieurs facteurs : une gouvernance transparente, des mécanismes de crédit adaptés aux réalités agricoles, une gestion rigoureuse des risques, des taux accessibles et un système efficace de suivi des crédits.

À Beni, la rencontre organisée par l’ASSECAF apparaît ainsi comme une étape de réflexion et de mobilisation autour d’un projet qui, s’il est correctement structuré et mis en œuvre, pourrait contribuer à rapprocher le financement des producteurs et à renforcer les différentes chaînes de valeur agricoles en RDC.
Rédaction
