L’opérationnalisation de la ville d’Oicha et de la commune rurale de Kasindi continue de susciter des réactions dans le territoire de Beni. Dans une tribune, Azarias Mokonzi accuse le député national Bosco Kombi Pendani de s’attribuer le mérite d’une démarche qu’il affirme avoir été initiée par Jonas Kasimba, président national de l’Alliance des Congolais pour la Défense du Peuple (ACDP).
Selon l’auteur de la tribune, depuis plusieurs semaines, des affiches présentant le député Bosco Kombi Pendani comme l’artisan du changement administratif d’Oicha et de Kasindi sont visibles dans ces deux entités.
Azarias Mokonzi conteste cette présentation des faits et soutient que le député n’est pas à l’origine du plaidoyer ayant conduit à l’opérationnalisation de ces entités.
« Administrativement, il n’existe aucun document adressé à la Première ministre pour l’opérationnalisation de ces entités dont Monsieur Pendani est signataire », affirme-t-il.
D’après cette tribune, l’initiative reviendrait plutôt à Jonas Kasimba, qui aurait adressé une correspondance officielle à la Première ministre pour demander la mise en application du décret de 2013 portant création de ces entités. Cette démarche aurait ensuite conduit la cheffe du gouvernement à instruire le ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières de suivre le dossier.
Azarias Mokonzi affirme également que Jonas Kasimba aurait poursuivi son plaidoyer auprès du ministère de l’Intérieur en sollicitant la nomination des animateurs de plusieurs nouvelles villes et communes rurales, notamment dans la province de l’Ituri.
L’auteur de la tribune estime ainsi que l’appropriation de cette démarche par le député Bosco Kombi Pendani relève d’une « récupération politique ».
La tribune s’attaque également au bilan parlementaire de l’élu depuis son arrivée à l’Assemblée nationale en 2023. Azarias Mokonzi lui reproche notamment de n’avoir initié aucune proposition de loi et d’avoir exercé, selon lui, très peu de moyens de contrôle ou d’information à l’égard du gouvernement.
Pour l’auteur, le député devrait davantage mettre en avant son action parlementaire plutôt que de communiquer autour de l’opérationnalisation d’Oicha et de Kasindi.
Cette prise de position constitue toutefois une tribune à caractère politique. Les accusations formulées à l’encontre de Bosco Kombi Pendani relèvent de l’auteur et nécessiteraient, pour être établies de manière indépendante, la consultation des documents administratifs évoqués ainsi que la réaction de l’élu concerné.
Au-delà de cette controverse, l’enjeu principal demeure l’effectivité de l’opérationnalisation d’Oicha et de Kasindi et la mise en place effective des structures administratives destinées à rapprocher les services publics de la population.
Rédaction
