
À Beni, au Nord-Kivu, les organisations SOCOAC et AIL, avec l’appui financier de CAFOD, intensifient la sensibilisation communautaire sur la prévention des conflits violents et des inondations. À travers quatre focus groupes et quatre entretiens individuels organisés dans les quartiers Masiani et Mabolio, ces organisations recueillent les perceptions des habitants afin de mieux orienter les actions de prévention et de renforcer la résilience des communautés.
Des jeunes et des acteurs communautaires de la ville de Beni appellent au renforcement des initiatives de sensibilisation sur les risques de catastrophes et les conflits violents. Cet appel a été lancé à l’occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophes, célébrée le 13 octobre 2026.
Dans cette perspective, les organisations non gouvernementales SOCOAC et AIL, avec l’appui financier de CAFOD, ont mené des activités participatives dans les quartiers Masiani et Mabolio. L’objectif est de mieux comprendre les risques auxquels les populations sont confrontées et de favoriser leur implication dans la recherche de solutions adaptées aux réalités locales.
Quatre focus groupes pour identifier les risques
Au total, quatre focus groupes ont été organisés, réunissant huit participants chacun, soit 32 personnes consultées. Les échanges ont principalement porté sur les conflits violents dans la région de Beni et les risques d’inondation dans certains quartiers de la ville.
Pour faciliter l’expression des participants, les organisateurs ont recouru à l’outil participatif des cinq sens. Cette approche a permis aux participants de partager leurs expériences, de décrire leur environnement et d’identifier les signes annonciateurs des risques, leurs conséquences ainsi que les moyens de prévention envisageables.
Concernant les conflits violents, les discussions ont mis en évidence l’importance du dialogue, de la tolérance, du respect mutuel et du règlement pacifique des différends. La lutte contre les rumeurs et les discours de haine a également été évoquée comme un moyen de prévenir les tensions et de consolider la cohésion sociale.
Pour les inondations, les échanges ont notamment porté sur la protection de l’environnement, l’entretien des caniveaux, la gestion des déchets, la préservation des cours d’eau et le respect des normes d’urbanisme.
Quatre entretiens individuels pour recueillir les expériences vécues
En complément des discussions collectives, quatre entretiens individuels basés sur le récit d’expériences personnelles ont été réalisés.
Cette approche narrative a permis de recueillir les perceptions des habitants sur les conflits violents et les inondations, ainsi que sur leurs conséquences et les stratégies adoptées pour y faire face.
Les informations obtenues constituent une base utile pour adapter les messages de sensibilisation aux réalités locales et orienter les futures interventions en matière de prévention des catastrophes et des conflits.
Les jeunes plaident pour l’élargissement de la sensibilisation
Saluant ces initiatives, plusieurs jeunes de Beni encouragent les organisations partenaires à étendre les campagnes de sensibilisation à d’autres quartiers de la ville.
Samuel-Don Katembo Sekanabo, président du Parlement des jeunes de Beni, insiste sur la nécessité de promouvoir des comportements responsables pour limiter les risques de catastrophes.
Il recommande notamment d’éviter les constructions dans les lits des cours d’eau, les ravins et les zones marécageuses, de ne pas jeter les déchets dans les caniveaux, de planter des arbres et de respecter les règles d’urbanisme. Il souligne également l’importance de l’entretien des caniveaux et de la prise en compte des alertes météorologiques.
« La ville de Beni demeure vulnérable aux catastrophes en raison de la construction de certaines habitations sur les collines, dans les lits des cours d’eau et dans des zones non adaptées à l’habitat. D’où la nécessité de faire intervenir des experts pour sensibiliser la population aux mesures de prévention et renforcer sa capacité à faire face à d’éventuelles catastrophes », souligne-t-il.
De son côté, l’acteur communautaire Maki Baraka Patrick appelle à la responsabilisation de la population et à la multiplication des actions de sensibilisation sur la protection de l’environnement.
« La réduction des risques de catastrophes passe notamment par l’adoption de comportements responsables, tels que la plantation d’arbres et la préservation de l’environnement. Il est donc important que les organisations engagées dans ce secteur renforcent leurs actions de sensibilisation auprès de la population, afin de lui permettre de mieux prévenir les catastrophes et de faire face à leurs éventuelles conséquences », explique-t-il.
La prévention des violences, un enjeu de cohésion sociale
Au-delà des catastrophes naturelles, la prévention des conflits violents demeure une préoccupation majeure dans la région de Beni, marquée par l’insécurité et diverses tensions communautaires.
Maki Baraka Patrick insiste sur la nécessité de promouvoir la culture de la paix, de combattre les rumeurs et les discours de haine, et d’impliquer les leaders communautaires dans la recherche de solutions durables.
Il encourage également le dialogue entre les communautés, le règlement pacifique des différends, la coopération entre les différentes couches sociales et le signalement des menaces de violence aux autorités compétentes.
Ces recommandations soulignent l’importance de la participation communautaire dans l’identification des risques, la recherche de solutions et la prévention de l’escalade des violences.
Renforcer la résilience des communautés
Les activités menées dans les quartiers Masiani et Mabolio s’inscrivent dans une démarche visant à renforcer la capacité des ménages et des communautés à anticiper les risques, à prévenir les catastrophes et à faire face aux situations de crise.
À travers les focus groupes et les entretiens individuels, SOCOAC et AIL, avec l’appui financier de CAFOD, privilégient une approche participative qui place les populations au cœur du processus de prévention.
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophes, autour du thème : « La résilience commence à la maison : préparons des ménages résilients et des communautés inclusives, capables d’anticiper les risques, de prévenir les catastrophes et de protéger les vies humaines en RDC ».
Les acteurs impliqués appellent ainsi à la continuité des actions de sensibilisation et au renforcement de la collaboration entre les autorités locales, les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les jeunes.
L’ambition est de contribuer à la construction de quartiers plus sûrs et plus inclusifs, où la protection de l’environnement, la prévention des violences et la responsabilité collective permettent de mieux protéger les vies humaines et les moyens de subsistance.
Rédaction
